13ème apôtre, album d’adieu de Koffi Olomide, résiste-il au test des 2 mois d’écoute ?

« 13ème apôtre » de Koffi Olomidé est sorti le 15 octobre dernier. Disque-fleuve de 39 titres, c’est l’ultime effort de l’artiste congolais, qui a pris sa retraite des studios. Quelle critique définitive, pour l’opus d’adieu de l’auto-proclamé « grand mopao » ?

Koffi Olomide 13ème apotre

Genèse d’un buzz bien pensé

Plus de deux mois se sont écoulés depuis ma réception des 3 CDs à évaluer. Je voulais éviter l’écueil d’une chronique faussée par la frénésie du moment. J’ai pris mon temps : l’évènement était de taille, et on sait combien la communication du patron du groupe Quartier Latin est rodée.

Aujourd’hui, c’est fort de multiples écoutes que je reviens sur ce projet commencé avec le lancement du single Selfie, et porté par une campagne de pub rusée. En effet, surfant sur la vague des vidéos de challenges sur les réseaux sociaux, le chanteur de ndombolo proposait alors un concept fédérateur.

Anonymes ou célébrités, partout dans le monde francophone, ils relèveront son défi de se filmer en train de danser sur le titre. Le succès du morceau en sera décuplé : plus d’un million de vues sur Youtube en seulement 3 semaines. Les internautes se mettront en scène à cœur joie, partageant ensuite leurs chorégraphies en ligne.

Interviewé par BBC Afrique , cet enthousiasme ne surprend pas notre dénicheur de bons coups médiatiques :

« Je me suis amusé quand je faisais ces animations (les selfies). Mes danseuses se moquaient de moi. Et dans les concerts je voyais que le public aimait bien. En entrant en studio j’étais convaincu que ça marcherait et je ne me suis pas trompé . »

Sortie en fanfare pour enfoncer le clou

Pochette 13ème

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il aura doublement raison : au-delà du jeune public, les fans de la première heure répondent eux aussi présents à cet appel. Et pour cause ! Au niveau sonore, l’artiste apporte de la fraicheur,sans pourtant courir après la tendance radio. Cela ravit ceux qui le suivent depuis longtemps. L’extrait sera l’un de ses plus gros triomphes.

Une fois boostée l’attente de l’album, le « mokonzi na bakonzi* » en peaufine l’arrivée dans les bacs. A 59 ans, et 40ans après ses débuts, l’homme, qui est déjà une légende vivante de musique africaine, ne lésine sur rien.
Il veut tirer sa révérence de façon remarquée.

La communication du disque est organisée autour d’une symbolique forte. Il rajoute une 3ème lettre f à son prénom et devient Kofffi. Le disque, en plus d’un intitulé christique comportant le chiffre 13, sera composé de 3 x 13 pistes. Et aura, comme si cela ne suffisait pas, une date de sortie fixée au 13 octobre à 13h13.

Émission spéciale sur Trace TV, mois d’octobre lui étant dédié sur les antennes, banderoles et affiches dans son fief Kinshasa : une exposition monstre accompagne la selfie-mania. C’est avec fracas que 13ème apôtre débarque dans les charts afros, entre fébrilité et nostalgie d’un musicien qui manque déjà à ses admirateurs.

Une communication certes maitrisée, mais la qualité de l’album est-elle au rendez-vous ?

Force est de constater qu’en dépit de ce contexte favorable, l’opus se défend. Mieux, il apprivoise superbement sa longueur. L’artiste livre un disque riche, familial, loin de la facilité. Les chansons s’écoutent sans rien perdre de leur vivacité. Et bien qu’ils dominent à 60%, les sons de rumba sont entrainants à souhait.

Au milieu de collaborations pourtant nombreuses, la particularité de son phrasé caractéristique demeure. Koffi Olomidé accompagne avec aisance, autant les voix féminines- très présentes dans les balades langoureuses- que les jeunes loups tels Frabegas, prêts à prendre la relève de la musique congolaise moderne.

Si l’on peut déplorer l’absence de tubes survoltés comme ceux qui ont assis sa renommée dans les années 90’s ( mickos, loi, ultimatum), on a néanmoins droit à de véritables pépites. Mwana, hymne à l’enfance chantée à plusieurs voix, terrasse par sa production nette, son côté aérien qui emporte vers un idéal universel.
Universelle, pourrait-on d’ailleurs qualifier la portée d’un compositeur devenu à n’en pas douter, immortel.

 

*: roi des rois en langue lingala.

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Pourquoi « l’Afrique » et les « Africains » n’existent pas…en quelque sorte.

J’ai lu ce matin un bon article(en anglais) dont l’idées essentielle à retenir est la suivante : lorsque nous parlons de « l’Afrique », affinons notre langage. Utilisons exactement le nom d’un pays, d’une ville,d’un village où même d’un événement au lieu de mettre tout dans le fourre-tout « africain » qui est plus qu’approximatif. Dit comme ça, cela n’est qu’évidence et bon sens. Mais dans les faits, la majorité des gens qui s’expriment sur une « partie » de l’Afrique aura moins le réflexe de la précision que s’il s’agissait d’une partie de l’Europe ou des Amériques.  

L’Afrique existe puisqu’il y a un minimum de choses partagées(géographiques, historiques, politiques) et que nous avons socialement(surtout en Afrique noire) des types de comportements ou de structures qui se recoupent parfois. Mais les points de divergences sont supérieurs à ceux de convergence, parce que l’environnement immédiat nous change et que les individualités émergent progressivement en évoluant dans les cercles « communautaires » que sont la famille, la ville, la région et la sous-région.

Contrairement à l’auteur, je pense que ces différences étaient déjà là  avant les indépendances et la colonisation, même si on peut supposer qu’il y en avait moins qu’aujourd’hui. Mais pour l’affirmer, il nous faut mieux connaitre notre histoire interne, de préférence celle non-liée à la venue des occidentaux(qu’elle soit avant leur arrivée ou après celle-ci.

De même que nous devons avoir une meilleure connaissance de notre présent et de nos identités multiples selon nos lieux d’allégeances et/ou d’implantation. Mieux définir la disparité africaine ne signifie pas séparer les africains.Au contraire, on affirme par là le respect qui nous est dû en tant qu’objets d’étude, et cela permet aussi d’aller au plus près des solutions à nos problèmes car on ne peut pas appliquer une même réponse à des situations qui n’ont rien à voir sur  le terrain.

Quelque part, les africains qui rejettent les spécificités  sous-régionales ont peur de trahir le rêve panafricain des pères des indépendances. C’est autant une façon « nostalgique » d’aller vers une espérance qui nous fuit, que de courir vers un rêve d’aujourd’hui qu’on pense né d’une ancienne réalité brisée par l’occidental(encore faudrait-il prouver que nous étions déjà un peuple et un seul). La généralisation et l’approximation quand on parle de l’Afrique est pratiquée simultanément par les africains eux-mêmes et les non-africains.

Cette façon de s’accrocher à un mythe des africains « identiques » est  un symptôme de l’ignorance de ceux qui généralisent parce qu’ils manquent de connaissances et résonnent à partir d’idées toutes faites souvent dues au matraquage médiatique érigeant guerres, maladies, famines en « marque africaine ». C’est aussi une condescendance « bienveillante »  lorsque celui qui parle est conscient de ses limites, mais veut néanmoins dire quelque chose sur l’Afrique pour sauver la face, de peur que sa méconnaissance ne soit interprétée comme un manque d’intérêt pour ce qui se passe en dehors de son propre pays.  Nous sommes africains et avons des choses en commun.

Mais le désir d’uniformité panafricaine ne doit pas étouffer la réalité d’unicité régionale et sous-régionale. Je note aussi que l’article survole la disparité culturelle africaine, vendue par des africains qui aiment à se présenter comme ayant des valeurs »uniformes » quand ils veulent s’opposer à ce qu’ils perçoivent comme des valeurs « non-africaines »(par exemple liberté individuelle, respect des orientations sexuelles non-hétéro) alors que là aussi il y a de très grandes différences entre un pays comme le Gabon où il n’y a pas de chasse aux homos et un pays comme le Cameroun(pourtant frontalier du Gabon) où l’homophobie est institutionnelle.

J’imagine bien que moi-même en rédigeant je ce billet  je ne suis pas exempt de généralisations, mais la prise de conscience saura rectifier plus tard ce qu’il y a encore à parfaire. Ce qu’il faut retenir, c’est que consciemment ou non, certains de ceux qui parlent d’Afrique comme d’un critère de description unique le font en n’ayant pas en général suffisamment de connaissances pour aller plus en profondeur. C’est donc cela qu’il faut travailler : le savoir pointu des choses qu’on aborde en discussion.Cela ne s’applique pas seulement au sujet africain. Cette précision dans le langage doit être accompagnée de la connaissance spécifique et factuelle de ce dont on parle

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Trois débats pour l’entre-deux-tours à la présidentielle 2012

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Quand Nicolas Sarkozy veut se faire élire par l’instinct au détriment de la raison

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Le candidat sortant proposait hier à son rival – François Hollande arrivé en tête au 1er tour de cette présidentielle 2012 – de débattre devant les français, dans trois échanges télévisés qui seraient organisés respectivement autour de la politique intérieure, des questions de société et des thèmes internationaux.Bien qu’il ait reçu un non sans appel à sa demande,on peut néanmoins s’interroger sur la pertinence d’une telle proposition de Nicolas Sarkozy.Quel est l’intérêt de faire trois débats, si ce n’est mettre trois fois de plus l’accent sur l’importance de la personnalité, la forme des discours et le charisme dans le choix que font les électeurs pour élire leur président ?

En plus de chercher à comprendre si ces trois axes devraient prévaloir sur l’acuité et le programme annoncé d’un candidat, on constate que Nicolas Sarkozy se risque aujourd’hui à jouer de choses dont hier il se plaignait pourtant.En effet, pour conjurer le sort, le candidat sortant, qui n’a rien à perdre mais tout à gagner – puisqu’il n’est pas le favori des pronostics – chercherait là à s’imposer par le style et le magnétisme, au détriment de son rival socialiste qui en serait moins pourvu.C’est, ce faisant, exactement le reproche que fait continuellement le champion de la droite à ses détracteurs : de supposés anti-sarkozystes qui selon lui s’attarderaient plus sur sa personnalité que sur son factuel, pour le critiquer.Il est étrange qu’il recherche aujourd’hui à rattraper son retard en se présidentialisant par son aura et non par le fond de ses propos, alors même qu’il fustige sans relâche ceux qui pointent le potentiel exécrable dégagé par sa personne, en les exhortant par ailleurs de s’en tenir au contenu réel de la ligne qu’il défend.

Prétexter aujourd’hui un débat de vérité, projet contre projet, pour justifier le triptyque oratoire qu’il espère me laisse d’autant plus perplexe, puisque le programme de François Hollande est disponible depuis des lustres et que les propositions de Sarkozy ont été égrenées à un rythme hebdomadaire.Chaque électeur peut ainsi en avoir une synthèse s’il le désire; et même, il est impératif de croire que le 1er tour s’est aussi fait sur cette base : un vote d’électeurs sachant quelles sont les positions des candidats sur chacun des domaines listés par Nicolas Sarkozy pour justifier sa doléance.

Excepté l’entre-deux-tours 2002 où aucun débat n’eut lieu entre Chirac et Lepen – à cause de la réputation anti-républicaine qu’ avait le Front national à cette époque – la joute unique est devenue une tradition française. Il est ainsi coutume de voir les deux candidats s’exprimer sur : la politique intérieure, les faits de société et la politique internationale en un temps oscillant entre 2h et 3 h : ce qui constitue exactement les thèmes demandés par le champion de l’UMP, en autant de temps d’émission qu’il le veut .En conséquence, que chacun des sujets proposés par Sarkozy dure une heure revient à un faire un « grand » débat général d’une durée supérieure à 2h30, chose qui se fait déjà – on l’aura compris – dans la rencontre unique à laquelle sont habitués les français.Ainsi, si l’argument avancé par Sarkozy était celui de l’affinement des propositions devant les français, celui-ci ne tient pas puisque c’est justement l’objectif visé par la durée de l’échange attendu entre les deux qualifiés pour le second tour.

L’unicité vise, non pas à « masquer les lacunes » – après tout, qui pourrait dire aujourd’hui que tous les présidents élus depuis, y compris Sarkozy, ont été des poltrons pour cause de débat unique ? – mais à ne pas disperser l’attention des électeurs, et à ne pas ennuyer les spectateurs. En appréhendant la multiplicité des échanges, qui peut croire qu’une majorité d’électeurs suivra trois débats de 3h chacun sans être assommée d’ennui ?A ce rythme, pourquoi ne pas faire un débat par jour consacré à un thème précis, y compris sur les sujets mineurs dans cette campagne, comme l’écologie ?Si la question est celle de la visibilité et de la clarté, que les deux candidats s’épanchent alors sur les axes mineurs – occultés dans la campagne médiatique – plutôt que sur les « grands thèmes » clivant, pour lesquels on sait d’avance qu’elle sera la direction de chacun d’entre eux, puisque ce sont les thèmes qui ont fait le maximum de presse. La proposition de Nicolas Sarkozy me parait n’ être qu’une reprise de ce qui se fait déjà, mais en « l’étalant » ou en « l’éclatant » de façon à jouer sur le temps et en sublimant son image de leader, pour espérer initier un vote « d’adhésion émotionnelle » et non plus un vote  » d’adhésion logique ».

Il cherche ainsi à réveiller chez l’électeur français, un sentiment présent depuis les sociétés humaines premières: la reconnaissance du chef, du mâle alpha, par les critères physiques, de charisme et aptitude guerrière, et non par la perspicacité et le triomphe de l’analyse de fond.En voulant se faire élire par la conquête de l’instinct plutôt que par la raison, Nicolas Sarkozy non seulement oublie que l’un et l’autre sont de la nature humaine – et donc que les électeurs qui l’ont placé second au 1er tour s’en sont déjà servi -, mais que l’objectif du politique est de gouverner en approchant l’euthymie, et non en séduisant son peuple par l’eurythmie, tel un sophiste se rêvant réélu.

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Le Dj ivoirien Arafat, superstar Afro du coupé-décalé, tabasse sa compagne dans une vidéo et reste impuni

Ce matin, une vidéo privée particulièrement choquante faisait des vagues sur les réseaux sociaux.
Principalement diffusée entre amateurs de musique ivoirienne, elle a soulevé la colère des internautes,mais aussi relancé le débat autour des violences conjugales en Afrique subsaharienne, la réponse de la loi dans ces cas là et le rôle incarné par les « célébrités » du continent.

Dans cet enregistrement – datant d’Août 2011 selon certains- qui semble avoir été sciemment mis en ligne en fin Mars, on voit Dj Arafat, star ivoirienne du genre musical « Kpangor « , rosser sa petite amie devant témoins, sans que ceux-ci n’interviennent, même quand celui-ci lui brise des assiettes sur le crane de la malheurse. La victime, prostrée et apeurée au fond d’un canapé, se refuse de réagir et de se défendre, par peur d’un déchaînement de violence encore plus grand de la part de son « compagnon ». Attention, vidéo pouvant choquer :

Au fur et à mesure que les informations remontent, la raison évoquée de l’ire du Dj superstar ivoirienne serait un adultère, la femme violentée étant accusée d’avoir invité un amant dans le lit conjugal.
Alors que des soutiens du DJ accusent ses détracteurs de faire une campagne pour faire plonger sa carrière, en exhortant le public à prendre en compte la domination masculine plus prononcée au Sud pour » atténuer » la responsabilité de l’artiste dans la bastonnade infligée à sa compagne, je leur répond qu’il n’y a pas d’excuse à cette violence, et que l’adultère, même prouvé, ne justifie pas de se faire justice à soi-même.

Il s’agit aussi, au delà, de défendre les droits et la dignité individuels, et précisément ceux des femmes .
Les attitudes cherchant à absoudre les violences faites aux femmes par l’excuse de la culture du patriarcat continuent d’enfermer les victimes dans le silence, en conditionnant l’entourage dans la croyance que cela est « normal », avec in finae des proches réticents à intervenir.
La non-assistance de l’assemblée qui regarde pataude les maltraitances que fait subir Dj Arabat à sa compagne est d’autant plus honteuse qu’elle est un écho à une expérience réalisée en Afrique du Sud par « People Opposing Women Abuse (POWA) », une association sud-africaine qui lutte contre les violences conjugales. Celle-ci montrait, dans un test simple mais efficace, comment certaines personnes se préoccupent plus du tapage nocturne fait par leurs riverains que par les violences conjugales exercées par leurs voisins :

En accord avec mes principes, je choisis de m’insurger dans cet article, car il est nécessaire que justice se fasse pour cette femme, et que le droit des femmes soit mis sur le tapis médiatique en cote d’ivoire. Etre un artiste en vogue n’octroie en aucun cas une immunité à Dj « Yorobo » Arafat, car il n’est pas un personnage tout puissant, et il ne devrait pas en exister. Ainsi, en attendant le développement complet de cette affaire, j’invite les promoteurs de ses concerts en France à prendre des mesures provisoires. C’est pourquoi j’ai décidé de faire cet article à faire partager, de même ais-je décidé d’écrire :

– Au Bataclan, salle française qui accueillera Dj Arafat pour un concert le 30 Avril 2012,
-A la Fnac, principal distributeur des billets dudit concert;
-Au ministère de la culture française, pour l’ alerter quant à l’autorisation d’un concert d’un individu dont la violence reste impunie jusqu’à présent.

Il n’y a pas de petites et de grandes causes, il n’y a que des causes complémentaires qui ensemble mènent vers une meilleure société pour tous. Cette affaire, par l’aura médiatique du concerné, permet de mettre sur table le sujet des violences conjugales, qui sont encore un vrai problème partout dans le monde, et la cote d’Ivoire n’y échappe pas.
Aussi, la fonction de role-model qu’exercent les personnalités du monde des arts les assigne à un comportement soumis à l’exigence de probité, car leur public – dans lequel on trouve des jeunes – est susceptible d’y voir un exemple.

Il est donc primordial que justice soit rendue au nom d’Alexia Vody, mais surtout au nom de toutes ces femmes qui dans le monde succombent sous les coups de leurs partenaires.
Alors que dans certains pays des mesures – dont certaines controversées – sont proposées pour enrayer le phénomène; a l’heure où des décisions de justice exceptionnelles sont notées pour souligner la souffrance des femmes, il est plus que temps pour l’Afrique subsaharienne de se montrer ferme dans la défense des droits des femmes.Il faut être plus dissuasif, tout en accompagnant les personnes violentes dans leur travail intérieur et en aidant les populations à changer les mentalités.

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10 Mai 2011 : Commemoration de l’abolition de l’esclavage : L’envers du decor

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Le Roi Beige

A Man Said to the Universe

A man said to the universe:
« Sir I exist! »
« However, » replied the universe,
« The fact has not created in me
A sense of obligation. »

— Stephen Crane

Photographie de Nicola Lo Calzo

Dans un monde manichéen ,
où la peur dévorait la lumière,
des hommes binaires régnaient.

Par leur main mouraient ceux,
dont le seul affront à l’obscurité,
fut d’être d’une différente clarté.

De ces injustices,
naquit :

Le Roi beige ,Arthur l’Albinos à l’Excalibur.

Photographie prophétique de Nicola Lo Calzo .
Cette image m’a scotché. Elle renvoie à l’actualité atroce qui touche les albinos au Burundi.

Devant la défaillance des hommes et des lois,les « indondos » doivent-ils s’y substituer pour survivre ?

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De l’immobilisme apparent des subsahariens

J’ai découvert récemment un artiste afrobelge,Pitcho. Un des titres de son album « crise de nègre « ,le single «  Nous « a retenu mon attention.Bien que n’ayant pas une lecture totalement alignée sur la sienne,sa posture me semble néanmoins intéressante.

L’auto-référence qu’il fait pousse à réfléchir sur l’origine du « mal » africain.Pitcho pose (inconsciemment ?) la raison de nos difficultés comme récursive ,voire impredicative.

Ce sujet plus complexe fera l’objet d’un autre post.Cependant, je reconnais l’intérêt de ses propos tout en les pondérant.Si impredicativité il y a,c’est de la manière dont on hérite de réflexes pavloviens .

L’immobilisme dénoncé dans son texte m’apparaît moins comme structurel(institutions) qu’ inhérent à la nature de l’africain.De plus,je suppose que compte ténu des codes de la chanson mainstream,il a du couper large pour livrer l’essentiel de sa position.

L’africain ne saurait être réduit à une telle vision.Des volontés et voix se sont élevées, s’élèvent et s’élèveront encore pour une refonte de nos politiques de développement .

Je suis d’avis, comme il le souligne dans la seconde partie de son texte,que l’essor repose sur les épaules des africains.
Face aux discours fatalistes,dénonciateurs ou de victimisation à outrance qu’il est coutume de lire concernant les relations nord/sud,nous devons y opposer un contrepoids de propositions lucides et positives.

Concernant le rapport que les pays africains entretiennent avec les puissances occidentales, il faut comprendre que les pays du nord agissent dans l’intérêt de leurs peuples.

La politique est une chaine alimentaire.Les pays sont comme des personnes morales.Chacune se bat pour son avenir.Quitte à faire du cannibalisme.Les plus faibles sont vampirisés.

Il n’y a pas de « traité du respect de la démocratie à l’étranger » dans les grandes puissances.Sauf à considérer les associations humanitaires qui  dénoncent d’éventuelles dérives des diplomaties de leur pays à l’étranger .En dehors de cela,les affaires étrangères s’alignent respectivement sur une position « d’exemplarité ».

Chine au Tibet,US en Irak, France en Afrique …La démocratie(pseudo ?) des grandes puissances est réservée aux ressortissants et uniquement à leurs citoyens.Certainement pas aux  africains.Le monde est arrivé à un semblant de démocratie dont le protocole interdit la prédation pure comme il y a un siècle.

Les grandes puissances ne peuvent donc que se comporter finement pour garder une domination intacte sur leurs anciennes colonies.Cela signifie que si nous leur facilitons la tache,les pays étrangers ne se gêneront pas.Ils profiteront encore et toujours des failles du système africain pour pénétrer et assoir leurs intérêts.

Les blamer n’a donc pas de sens,c’est dans l’instinct de l’homme de capitaliser son environnement au mieux.L’Afrique n’est une matière première pour les occidentaux que parce que nous le leur permettons.

La situation de dépendance dans laquelle la Cote d’Ivoire vient de se placer n’est pas arrivée spontanément.Le gouvernement français ne s’est pas levé un  matin pour annexer la Cote d’Ivoire,et ses richesses.

L’ingérence actuelle est un enchainement de situations conflictuelles en Cote d’Ivoire, héritées de l’ère Bedié .La sollicitation des instances étrangères et françaises a permis à celles-ci de pénétrer et de s’installer de manière continuelle dans le processus en Cote d’Ivoire. L’occidental ne fait que rentabiliser les erreurs de l’africain.Et s’il y arrive,bien sur que c’est condamnable.

Pourtant,certains enfants de l’Afrique sont parmi ses ennemis: par ignorance, lâcheté ou fourberie.A l’intérieur de nos pays , il y a des africains dont le besoin d’accomplissement ,le maintien au pouvoir et le désir de félicité passe avant l’intérêt de leur nation .

Aujourd’hui,l’Afrique noire semble « s’étonner » et « s’indigner » de l’ingérence française et de l’aide dont a bénéficié Alassane Ouattara pour conquérir par la force ce pouvoir qui,semble-t-il lui revenait de droit.Ce à quoi je réponds,si Laurent Gbagbo ne s’était pas mis en position de difficulté de lui-même,il n’y aurait jamais besoin d’un tel recours.

Beaucoup ne gardent en vue que la manière dont cette chute s’est déroulée,occultant complètement sa gestion  de la crise ivoirienne par Gbagbo entre 2002 et 2009.Et face au bilan de la Cote d’Ivoire sur 8 années,on ne peut pas dire que l’excellence ait caractérisé son « règne ».Gbagbo n’est pas Mandela,j’aurais des scrupules à lui donner le titre de martyr .

De même, la triple alliance Bedié-Ouattara-Soro n’est pas des plus rassurantes.

-Bedié  étant l’inventeur du concept « d’ivoirité » qui dans les années 90 empêchait Ouattara de prétendre à une candidature .Aujourd’hui,avec son soutien et son influence,Ouattara s’est assuré un gros pourcentage du vote des baoulés.

-Soro quant à lui est la figure principale du mouvement de coalition des rebels dont l’action a marqué toute la décennie écoulée,parfois dans des violences extrêmes.Un de ses chefs de guerre,Martin Kouakou Fofié par exemple, le tout-puissant commandant de Korhogo, est sous le coup de sanctions de l’ONU pour avoir enfermé une soixantaine de personnes dans des containers exposés au soleil jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Soyons clairs.La dénonciation d’ingérence,de contrats état-état abusifs desservant les africains doit se perpétuer.

Les exactions, abus de pouvoir internes, les dérives diverses et questions de sociétés doivent être connus du public.
C’est une nécessité,car ce report systématique(sous preuves factuelles)nourrit les africains à la réalité politique.Il est facile de constater que la majorité des français par exemple ne savent et ni ne s’intéressent à la politique étrangère de leur pays,notamment en Afrique.

On en arrive donc a une situation où la perception de l’africain et de sa gestion du pouvoir varie de la condescendance à l’indifférence la plus totale.Il est donc de notre devoir d’éduquer nos populations aux enjeux socio-politiques de la gouvernance.

C’est à partir de ce moment que l’africain prendra de meilleures décisions.

En plus d’entretenir une mémoire collective de l’histoire contemporaine,on permet aussi un affranchissement progressif de l’immobilisme intellectuel du citoyen lambda.Et cela en diffusant :

-l’esprit d’analyse,
-la curiosité de la vérité,
-l’habitude de contestation justifiée,
-la culture de revendication saine.

Nous nous éduquons donc de fait à nous prendre progressivement en main,de telle sorte que nos enfants intégreront ces démarches d’interrogation très tôt.

S’il est évident que l’esprit collectif et la conscience nationale doivent primer pour une dynamique de développement efficace,ce n’est pas toujours le cas.

La récurrence de situations désastreuses ,les représailles de certains pouvoirs autoritaires détournent une frange de la population de ces préoccupations.

En effet,dans des pays où la santé,la justice et la sécurité( des biens et des personnes) ne sont pas au meilleur niveau,il est difficile de se concentrer sur les objectifs nationaux et le combat populaire,lorsque qu’on a soi-même des difficultés à tenir débout.

Accomplissement personnel et essor national sont liés à moyen et long terme.Néanmoins l’urgence de court terme entretient des priorités qui nous détournent indirectement de cet essor commun.C’est donc un cercle vicieux,car l’africain supporte le poids des erreurs de ses aînés,doit les corriger tout en n’oubliant pas de vivre.

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